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Grotte de Lombrives : la légende des cathares emprisonnés (Spook’Histoire n°6)

Je vous souhaite la bienvenue pour cette Spook’Histoire n°6 ! Aujourd’hui, on part direction l’Ariège pour visiter la grotte de Lombrives et parler de ses légendes.

Il s’agit d’une Spook’histoire plus particulière car, cette fois, nous y sommes allés ! Je vais donc pouvoir vous partager, en même temps, notre propre expérience.

Bonne lecture ! 

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Quand Lombrives est un refuge pour tous ceux qui fuient

D’après ce que j’ai lu, la grotte de Lombrives a abrité des Magdaléniens il y a très longtemps, et a servi de sépulture à des hommes de l’âge du bronze. Puis, au fil des siècles, tous ceux qui avaient une raison de se cacher y ont trouvé refuge : des proscrits, des hérétiques, des brigands, des ermites, des lépreux, de simples bergers, et même des faux-monnayeurs.

Parmi eux, il y a les cathares. La grotte aurait servi de refuge à l’évêque cathare Amiel Aicard après la chute du château de Montségur en 1244, vous savez, celui du tout premier épisode de ma série, la Spook’Histoire n°1.

Imaginez-les : les derniers cathares, pourchassés, qui s’enfoncent un par un dans la montagne, avec ce qu’ils ont pu emporter. Et derrière eux, quelqu’un qui les suit.

1328 : cinq cents personnes prisent au piège

C’est ici que la légende devient vraiment terrible, et c’est celle que notre guide nous a racontée.

En 1328, plus de 500 cathares persécutés par l’Inquisition se seraient réfugiés dans la grotte. Pas quelques fugitifs : cinq cents personnes. Des hommes, des femmes, des enfants.

Essayons d’imaginer la scène. Une vieille femme, assise contre la paroi, les mains jointes, qui murmure une prière. Un père qui serre son petit contre lui pour le garder au chaud. Des torches, qu’on économise. Et l’ombre, partout, qui avance quand une flamme s’éteint.

Ils attendent que ça passe, comme au temps de Montségur. Mais dehors, on les a trouvés.

La légende raconte que les soldats ont alors muré l’entrée de la grotte. Un mur de pierre, épais. Et derrière ce mur, cinq cents personnes, coupées du monde, dans le noir, sans issue.

Imaginez ce silence-là. Les voix qui se taisent une à une. Les torches qui s’éteignent. Le froid qui monte. Et ce mur, à quelques pas, que personne ne peut plus traverser… Ils sont piégés.

 

Les murs qui parlent

La grotte est vraiment belle. Avec Filipe, Iris et les autres personnes du groupe, on se déplace de salle en salle, on monte des escaliers aménagés le long des parois rocheuses et humides et on écoute ce que nous raconte le guide. On peut dire qu’on se sent en totale immersion ! Il y a même un passage très étroit où on était obligés de se mettre accroupis. Il me semble qu’il est appelé le Passage du Crime car, à l’époque, les brigands venaient également se réfugiés dans la grotte. Et, bien sûr, ils finissaient par s’entre-tuer !

Ce qui est impressionnant aussi, ce sont toutes ces inscriptions gravées sur les murs. Il y en a partout. Des milliers de signatures, de dates, de symboles, laissés par des gens de toutes les époques. Cela rend les choses encore plutôt réelles. On a presque l’impression de traverser le temps.

Parmi elles, une signature célèbre : celle du futur Henri IV. En 1578, alors roi de Navarre et comte de Foix, il est venu visiter la grotte et y a gravé son nom, avec la mention « Deus Rex ». 

Mais, toutes ces inscriptions ne sont pas des signatures de visiteurs curieux. On trouve aussi, sur les parois, des milliers de signes ésotériques, et même des symboles que personne n’a jamais vraiment su déchiffrer.

Et c’est là qu’on touche au côté le plus sombre de la grotte : on raconte que Lombrives aurait aussi servi de lieu de rassemblements sataniques, et que certaines de ces inscriptions seraient liées à ces rituels. Je ne me souviens plus excatement de ce que le guide nous en a dit, mais je sais que l’atmosphère, à certains endroits, était assez lourd. Tout d’abord, vous êtes enfermé dans une grotte. Les lumières sont tamisées. Et, vous savez que ces galeries ont vu défiler un grand nombre de personnes (et de morts) au fil des siècles.

Mais, en plus, quand vous vous trouvez face à ce genre de symbole et que le guide vous parle de messe satanique et de magie noire… L’ambiance va au-delà de la beauté du lieu !

Quand on regarde ces signes, on se pose forcément la question : qui les a gravés, et pourquoi ?

(Je les avais prises en photo, mais je ne les ai pas retrouvées. Je pense les avoir supprimées car, on ne sait jamais 😀 )

 

La princesse Pyrène, l'autre légende de la grotte

Notre guide nous a aussi raconté une autre histoire, beaucoup plus ancienne que celle des cathares. Une histoire d’amour. Qui finit très mal.

Elle commence à l’aube des temps, quand les hommes ne comptaient pas encore les siècles. Dans les hautes montagnes vivait alors un peuple qu’on appelait les Bébrydes. Leur roi, Bébryx, avait installé sa cour dans la plus vaste grotte que les hommes aient jamais connue : Lombrives. Oui, celle-là même, celle où l’on se trouvait.

Le roi avait une fille, Pyrène. Jeune, belle, douce. Tous les rois et tous les seigneurs des environs la voulaient pour épouse. Mais elle les refusait tous.

Imaginez-la dans cette grotte immense, éclairée par des torches, au milieu d’une cour, disant non, soir après soir, à des prétendants qui ne lui plaisaient pas.

Et puis un jour, un étranger arrive. Il vient des bords de la mer Égée. Jeune, beau, fort : un héros. Il s’appelle Hercule. Il rencontre Pyrène, ils se revoient, souvent. Ils s’aiment.

Mais Hercule n’est pas un homme qui reste. D’autres travaux l’appellent, de l’autre côté des montagnes. Il part. Et Pyrène se retrouve seule, avec un secret qui commence à se voir.

Elle a peur. Peur des regards, et surtout de la colère de son père, le roi, qu’elle a offensé. Alors elle fait la seule chose qu’elle imagine : elle s’enfuit. Elle quitte la grotte, le royaume, tout ce qu’elle connaît, et s’enfonce seule dans la montagne.

C’est là que tout bascule.

Sur son chemin, un ours brun, énorme, surgit. Il l’attaque. Pyrène hurle. 

Très loin de là, Hercule entend un écho, une voix qui s’éteint dans la montagne. Il lâche ses outils, laisse tomber son travail, et il court. Il bondit par-dessus les cimes et les torrents, plus vite que le vent. Mais il arrive trop tard. Il ne peut plus rien faire pour sauver la jeune femme.

Alors, au cœur de la salle la plus grandiose de Lombrives, une salle ornée de roches dorées, on organise une grande cérémonie, devant tous les dignitaires du royaume. Hercule prend la parole, une dernière fois. Il promet que le nom de Pyrène sera gardé à jamais par tous les hommes qui peupleront cette terre, et que ces montagnes, où elle dort pour l’éternité, s’appelleront désormais les Pyrénées.

Une chaîne de montagnes entière, née d’un chagrin.

Quand notre guide nous raconte cette légende, nous nous trouvons devant un gros « rocher ».  Il s’agit du fameux tombeau de Pyrène. Quand on sait ce qu’on vient d’entendre, on le regarde différemment. Et si Henri IV est venu graver son nom ici, ce n’est peut-être pas un hasard : il se disait descendant d’Hercule.

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Alors, qu’est-ce qui est vrai ?

La grotte a bien servi de refuge à de nombreux proscrits au fil des époques, et ses parois portent des milliers de signatures et de signes ésotériques. La signature d’Henri IV, datée de 1578, est elle aussi attestée. Nous avons pu voir tout ça de nos propres yeux.

La légende de Pyrène, en revanche, appartient à la mythologie : le mythe lui-même est ancien, mais d’après ce que j’ai lu, c’est la version locale qui place son histoire dans la grotte de Lombrives.

En ce qui concerne l’histoire des cinq cents emmurés, elle est considérée par beaucoup comme une légende. D’après ce que l’on sait, l’idée que des cathares furent emmurés à Lombrives remonterait surtout à un livre du XIXe siècle, publié en 1870, et certains historiens la jugent douteuse. On ne peut donc rien affirmer à ce niveau.

Quant aux rassemblements sataniques, je n’ai pas trouvé de source historique qui les date ou les prouve : c’est une histoire qu’on raconte, comme tant d’autres autour de Lombrives. Mais, les inscriptions, elles, sont bien présentes. Et l’ambiance lourde est également palpable.

 

Notre avis sur notre visite de la grotte de Lombrives : on a adoré !

Malgré (ou grâce à) toutes ces histoires, on a adoré cette visite. Le guide était passionnant, la grotte est magnifique, et la partie avec le lac est vraiment très jolie : un moment plus doux, après toutes ces histoires sombres.

Si vous passez par l’Ariège, je vous la recommande, à deux conditions : être équipés (chaussures, vêtements couvrants même en été) et réserver ! Et si vous cherchez une idée sortie pour Halloween qui change des citrouilles, vous avez trouvé ! Surtout qu’ils organisent régulièrement des concerts dans la grotte. L’ambiance doit être incroyable !

NB : Petite précision, et j’insiste, parce que c’est important : pour visiter la grotte de Lombrives, il faut obligatoirement réserver. La visite se fait en groupe, avec un guide.

Nous, on n’avait pas réservé. Et on a eu de la chance : il y a eu un désistement, et on a pu prendre la place. Honnêtement, c’était un peu limite. Ne faites pas comme nous 😅

Une montée en petit train

Pour atteindre l’entrée, on peut monter à pied (environ 1,4 kilomètre) ou prendre le petit train. Nous avons pris le petit train, qui nous a menés jusqu’en haut. Ensuite, quelques minutes de marche, et là, la montagne s’ouvre en deux : une entrée immense, noire, qui avale complètement la lumière du jour.

Lombrives n’est pas une petite grotte pour touristes. C’est un réseau gigantesque, classé, que les spécialistes présentent comme la plus vaste grotte d’Europe. Et depuis toujours, cet endroit est exploré par les hommes, et étudié.

FAQ : tout savoir sur la grotte de Lombrives

Que s’est-il passé à Lombrives en 1328 ?

Selon la légende, plus de 500 cathares persécutés par l’Inquisition se seraient réfugiés dans la grotte, dont l’entrée aurait été murée. Cette histoire n’est pas prouvée : l’idée remonterait à un livre publié en 1870 et beaucoup la considèrent comme une légende.

Lombrives est-elle la plus grande grotte d’Europe ?

Elle est reconnue comme la plus vaste grotte d’Europe, d’après les sites touristiques de l’Ariège.

Qui était la princesse Pyrène ?

Une princesse de la mythologie grecque, fille du roi Bébryx, qui aurait fui Hercule et trouvé refuge dans la grotte. Son tombeau serait à l’origine de la chaîne des Pyrénées.

Combien de temps dure la visite ?

Environ 2 heures pour la visite classique, avec des formules de 1 à 5 heures selon la saison. On peut faire une visite plus poussée, avec un équipement adapté.

Faut-il réserver ?

Oui, la réservation est obligatoire : les billets ne sont pas datés, il faut contacter la grotte au moins 48 heures à l’avance pour réserver un créneau. Nous, nous avons eu de la chance grâce à un désistement, mais mieux vaut ne pas compter dessus.

La grotte est-elle adaptée aux enfants ?

Oui, elle est adaptée aux enfants, avec un tarif réduit pour les 6-12 ans et la gratuité avant 6 ans. Prévoyez de bonnes chaussures et des vêtements chauds.

Y a-t-il eu des rassemblements sataniques à Lombrives ?

On le raconte, et la grotte porte des milliers de signes ésotériques gravés sur ses parois. Je n’ai toutefois pas trouvé de source historique qui date ou prouve ces rassemblements.

Comment monte-t-on à l’entrée de la grotte ?

On peut monter à pied (environ 1,4 km) ou prendre le petit train, comme nous. Il faut ensuite marcher quelques minutes pour atteindre l’entrée.

Informations pratiques

  • Adresse : grotte de Lombrives, 09400 Ussat (Ariège), près de Tarascon-sur-Ariège.
  • Réservation obligatoire : pour réserver un créneau : téléphone : 06 49 44 45 00. Site : grottedelombrives.com.
  • Accès : par la route jusqu’au pied du site, puis environ 1,4 km de marche sur un chemin de randonnée jusqu’à l’entrée, ou petit train (2 €), puis quelques minutes de marche. Depuis Toulouse, comptez environ 1h30 de route, à vérifier.
  • Ouverture fin 2026 : du 17 octobre au 1er novembre, tous les jours. Du 2 au 8 novembre, les mercredis, samedis et dimanches. Du 9 au 15 novembre, tous les jours. Du 16 novembre au 20 décembre, les mercredis, samedis et dimanches. Du 21 au 31 décembre, tous les jours. Les horaires de chaque visite varient : se présenter 15 minutes avant.
  • Visite : avec un guide, environ 2 heures pour la visite classique, avec des formules plus longues selon la saison.
  • À proximité : le Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège.

Plus de renseignements sur le site officiel ! 

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Crédit photos : vanessa ihtm – utilisation interdite

Vanessa IHTM | Le Blog Voyage Occitanie : des idées pour des escapades en France ou à l’étranger, des hébergements, des restaurants, des activités culturelles, des artisans, des commerçants, des belles découvertes ! Bref, la vie quoi !

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